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This version of La Belle Dame was written in the fourteenth century by Alain Chartier. I'm working on an English translation, so if anyone has one I'd appricate it!! Naguère, chevauchant, pensaie Comme homme triste et douloureux, Au deuil où il faut que je soie Le plus dolent des amoureux, Puisque, par son dard rigoureux, La mort me tollit ma maîtresse Et me laissa seul, langoureux En la conduite de Tristesse. Si disais: "Il faut que je cesse De dicter et de rimoyer, Et que j'abandonne et délaisse Le rire pour le larmoyer. Là me faut le temps employer, Car plus n'ai sentiment ni aise, Soit d'écrire, soit d'envoyer Chose qu'à moi ni autre plaise. Qui voudrait mon vouloir contraindre À joyeuses choses écrire, Ma plume n'y saurait atteindre, Non ferait ma langue à les dire. Je n'ai bouche qui puisse rire Que les yeux ne la démentissent, Car le coeur l'envoirait dédire Par les larmes qui des yeux issent. Je laisse aux amoureux malades Qui ont espoir d'allégement Faire chansons, dits et ballades, Chacun à son entendement, Car ma dame en son testament Prit à la mort, Dieu en ait l'âme, Et emporta mon sentiment Qui gît o elle sous la lame. Désormais est temps de moi taire, Car de dire suis-je lassé. Je veux laisser aux autres faire: Leur temps est; le mien est passé. Fortune a le forcier cassé Où j'épargnaie ma richesse Et le bien que j'ai amassé Au meilleur temps de ma jeunesse. Amour a gouverné mon sens: Si faute y a, Dieu me pardonne; Si j'ai bien fait, plus ne m'en sens, Cela ne me toult ni me donne, Car au trépas de la très-bonne Tout mon bienfait se trépassa. La mort m'assit illec la borne Qu'oncques plus mon coeur ne passa." En ce penser et en ce soin Chevauchai toute matinée, Tant que je ne fus guère loin Du lieu où était la dinée; Et quand j'eus ma voie finée Et que je cuidai héberger, J'ouis par droite destinée Les ménétriers en un verger. Si me retrahis volontiers En un lieu tout coi et privé, Mais quand mes bons amis entiers Surent que je fus arrivé, Ils vinrent. Tant ont étrivé, Moitié force, moitié requête, Que je n'ai oncques esquivé Qu'ils ne me mènent à la fête. À l'entrer fus bien recueilli Des dames et des demoiselles, Et de celles bien accueilli Qui toutes sont bonnes et belles; Et de la courtoisie d'elles Me tinrent illec tout le jour En plaisant paroles nouvelles Et en très-gracieux séjour. Dîner fut prêt et tables mises. Les dames à table s'assirent Et quand elles furent assises, Les plus gracieux les servirent. Tels y eut qui à ce jour virent En la compagnie liens Leurs juges, dont semblant ne firent, Qui les tiennent en leurs liens. Un entre les autres y vis, Qui souvent allait et venait, Et pensais comme homme ravi Et guère de bruit ne menait. Son semblant fort contretenait; Mais Désir passait la raison, Qui souvent son regard menait Tel fois qu'il n'était pas saison. De faire chère s'efforçait Et menait une joie feinte, Et à chanter son coeur forçait Non pas pour plaisir mais pour crainte, Car toujours un relais de plainte S'enlaçait au son de sa voix; Et revenait à son atteinte Comme l'oisel au chant du bois. Des autres y eut pleine salle, Mais celui trop bien me semblait Ennuyé, maigre, blême et pâle, Et la parole lui tremblait. Guères aux autres n'assemblait; Le noir portait et sans devise, Et trop bien homme ressemblait Qui n'a pas son coeur en franchise. De toutes festoyer feignait, Bien le fit et bien lui seyait; Mais à la fois le contraignait Amour qui son coeur hardoyait Pour sa maîtresse qu'il voyait, Que je choisis lors clairement À son regard qu'il assoyait Sur elle si piteusement. Assez sa face détournait Pour regarder en autres lieux, Mais au travers l'oeil retournait Au lieu qui lui plaisait le mieux. J'aperçus le trait de ses yeux, Tout empenné d'humbles requêtes; Si dis à part moi: "Si m'aid' Dieux, Autel fumes comme vous êtes". À la fois à part se tirait Pour raffermir sa contenance, Et très-tendrement soupirait Par douloureuse souvenance. Puis reprenait son ordonnance Et venait pour servir les mets, Mais à bien juger sa semblance, C'était un piteux entremets. Après dîner on s'avança De danser, chacun et chacune, Et le triste amoureux dansa Adès o l'autre, adès o l'une. À toutes fit chère commune, O chacune à son tour allait; Mais toujours retournait à une Dont sur toutes plus lui chalait. Post a comment in response: |
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